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Sans précédent. Incertitude. Défi. Nouvelle normalité. Distanciation sociale. Isolement. Confinement.

Ce ne sont là que quelques-uns des termes qui ont rapidement pris un sens particulier pour chacun d’entre nous. Ils font partie de notre vocabulaire quotidien alors que nous continuons à vivre et travailler pendant la pandémie de la COVID-19. Ils nous rappellent les changements soudains et extrêmes, les sacrifices et l’étrangeté que nous avons tous connus.

Toutefois, il n’y a pas de mots pour décrire la force et la solidarité incroyables des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs du Nouveau-Brunswick qui se sont engagés sans relâche à servir le public et à faire fonctionner la province. Malgré les risques et les inquiétudes de cette période très éprouvante, de nombreuses Néo-Brunswickoises et de nombreux Néo-Brunswickois ont dû adapter leur façon de travailler ou leur lieu de travail, subissant souvent des répercussions importantes sur leur vie personnelle et familiale.

Ces travailleuses et travailleurs, qu’ils soient à domicile, en coulisse, sur appel ou de première ligne, ont tous relevé le défi et continuent de faire preuve d’un engagement indéfectible envers la sécurité et le service public avec professionnalisme et compassion.

Pour ces raisons, nous sommes, comme tant d’autres, remplis de reconnaissance et de fierté.

Nous ne pouvons cependant ignorer l’impact sur la santé mentale, émotionnelle et physique de nos travailleuses et travailleurs. Les innombrables coupures effectuées au cours des dernières décennies ont affaibli nos services publics. Ces coupures ont également obligé les travailleuses et travailleurs à faire plus avec moins. Combien de temps pourront-ils continuer à offrir les services sans obtenir le soutien et les ressources dont ils ont besoin?

Le fait de vivre et de travailler pendant une pandémie a rappelé aux gens du Nouveau-Brunswick l’importance de nos services publics, mais il a également exposé les fissures et les lacunes dans chaque secteur. Ces fissures et lacunes ne surprennent pas ceux et celles qui travaillent dans le milieu de la santé, dans les écoles, dans les foyers de soins, dans le système judiciaire, dans les parcs, et tant d’autres services et professions. Depuis plusieurs années, les travailleurs attirent l’attention sur ces faiblesses et ces vulnérabilités.

Aujourd’hui, en toute solidarité, nos huit syndicats, qui représentent plus de 58 000 employés du secteur public provincial, réclament de l’attention et des mesures. Nous demandons au gouvernement du Nouveau-Brunswick d’investir dans le secteur public, de recruter davantage de travailleurs pour les nombreux postes vacants et de retenir ceux que nous avons déjà en améliorant leurs conditions de travail et leurs salaires. Ceci afin d’aider notre économie à se rétablir tout en comblant les lacunes et en réparant les fissures dans les services sur lesquels les gens du Nouveau-Brunswick comptent tous les jours.

Soyons honnêtes, le Nouveau-Brunswick peut se le permettre. De multiples rapports démontrent que le Nouveau-Brunswick a dépensé beaucoup moins que ses homologues provinciaux et territoriaux pour les secours en cas de pandémie. Selon une récente analyse menée par des économistes de la Banque Royale du Canada, le Nouveau-Brunswick a dépensé 600 $ par habitant pour les secours en cas de pandémie, alors que la moyenne canadienne était de plus de 2 200 $ par habitant.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait examiner périodiquement les pratiques de la province en ce qui concerne les ressources naturelles, soit la façon dont elles sont gérées et la valeur qu’elles produisent pour la population, comme dans les secteurs de la foresterie, de la pêche et des mines.
Il paraît également judicieux sur le plan économique d’investir dans l’amélioration des services publics lorsque les temps sont difficiles.

Le secteur privé a été durement touché par la pandémie. Les économistes s’accordent à dire qu’il faudra des années pour que de nombreuses entreprises se rétablissent. Il n’est pas normal de penser que le secteur privé sera le premier à se sortir de la pandémie alors qu’il essaie simplement de survivre.

En outre, les gouvernements obtiennent de meilleurs résultats économiques en investissant dans les services publics. Les économistes sont en grande majorité d’accord sur ce point : pour assurer la reprise, les gouvernements fédéral et provinciaux doivent profiter des taux d’emprunt historiquement bas et investir dans nos communautés. Contrairement aux ménages, les gouvernements planifient à plus longs termes et jouent un rôle important dans la stabilisation de l’économie dans les périodes mouvementées. Si le gouvernement emprunte maintenant pour investir dans ce qui permettra une plus forte croissance économique à l’avenir, la dette augmentera, mais le PIB anticipé aussi, ce qui démontre que la décision est financièrement viable à long terme.

Il ne faut pas s’attendre à ce que les Néo-Brunswickoises et Néo-Brunswickois acceptent moins de services publics, alors qu’ils en méritent tellement plus. Nous vivons une crise de recrutement et de rétention dans la plupart des ministères au gouvernement, particulièrement dans nos écoles, nos soins de santé et nos services en santé mentale.

Tous s’entendent pour dire que le secteur public joue un rôle essentiel pour soutenir, protéger et servir les gens du Nouveau-Brunswick. Les pressions excessives causées par la pandémie, combinées à des années de sous-investissement, ont accentué le besoin urgent d’accroître les investissements dans le secteur public. Ces investissements permettront d’améliorer et de renforcer nos services publics. Il s’agit de la meilleure et de la seule voie à suivre pour bâtir une économie équitable et prospère pour tous.

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Daniel Legere
Président, Fédération des travailleurs et travailleuses du Nouveau-Brunswick

Paula Doucet
Présidente, Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick

Stephen Drost
Président, SFPC du Nouveau-Brusnwick

Colleen Coffey
Vice-présidente régionale de l’Atlantique, Alliance des services publics du Canada

Susie Proulx-Daigle
Présidente, Syndicat du Nouveau-Brunswick

Rick Cuming
Co-President, New Brunswick Teachers’ Federation

Gérald Arseneault
Coprésident, Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick

Debi Daviau
Présidente, L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada
Claude Richard
Gérant d’affaires, Fraternité international des ouvriers en électricité

Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec :
Daniel Legere au
(506) 857-2125
(506) 381-8969