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Le 12 mars 2020

Monsieur le Ministre,

La protection de la sécurité des travailleurs et travailleuses est une priorité absolue des syndicats. Les fournisseurs de soins de santé et les autres membres du personnel des soins de santé ne sont pas en mesure de fournir des soins de santé efficaces et de qualité si leur propre sécurité n’est pas assurée. La propagation mondiale de la COVID-19 met en évidence ces préoccupations.

En 2003, quarante-quatre Canadiens sont morts durant l’épidémie du SRAS, notamment deux infirmières et un médecin. De plus, de nombreux autres fournisseurs de soins de santé ont contracté la maladie du SRAS, mais s’en sont remis. La première leçon que nous devons tirer du rapport de la Commission sur le SRAS du juge Campbell est le besoin d’appliquer le principe de précaution. Ce principe stipule qu’en l’absence de certitude scientifique, il faut pécher par excès de prudence.

Il y a un manque indéniable de certitude quant aux modes de transmission du virus COVID-19. Quoique selon la pensée conventionnelle, le virus se transmette par le toucher, plusieurs études suggèrent que ces types de virus peuvent être aérosolisés en se propageant par la toux et les éternuements. Si tel est le cas, ou s’il n’est pas clair que tel est le cas, nous devons protéger nos fournisseurs de soins de santé qui interagissent avec des patients soupçonnés d’être infectés par le virus COVID-19 avec des masques respiratoires N-95 bien ajustés et approuvés par la NIOSH. Le masque respiratoire N-95 est conçu pour protéger contre 95 % des particules aérogènes exemptes d’huile lors de mises à l’essai avec des particules de 0,3 micron.

Des organismes, y compris le gouvernement de l’Ontario et le Center for Disease Control aux États-Unis, recommandent l’utilisation de masques respiratoires N-95 pour protéger les travailleurs(euses) de la santé contre le virus. D’autres organismes experts, dont le Center for Infectious Disease Policy and Research de la University of Minnesota et le Serious Communicable Disease Unit de la Emory University Hospital, estiment qu’il y a une absence de consensus nécessaire à l’égard des modes de transmission du virus. Pour nous, il est évident que nous n’en sommes pas à un point de certitude scientifique.

Nous sommes conscients que des discussions sont tenues régulièrement avec les intervenants de la province en ce qui concerne notre plan d’intervention à une pandémie. Nous sommes d’avis que des représentants des principaux syndicats des soins de santé de la province devraient faire partie de ces discussions pour faire entendre la voix des travailleurs(euses) de première ligne. Il y a des enjeux importants à considérer, y compris les plans et les lieux de mise en quarantaine, la disponibilité de chambres à pression négative dans les installations, la disponibilité des masques respiratoires N-95 bien ajustés et le traitement des résidents et des clients d’établissements de soins de longue durée, de soins à domicile et d’ailleurs.

Nous vous remercions de bien vouloir entendre nos préoccupations. En résumé, nous demandons que les travailleurs(euses) de la santé aient accès à des masques respiratoires N-95 bien ajustés lorsqu’ils interagissent avec des patients soupçonnés d’être infectés par le virus COVID-19. De plus, nous demandons de faire partie des discussions en cours avec les intervenants de la province à l’égard de la préparation à une pandémie.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.

Daniel Legere, président Fédération des travailleurs et travailleuses du N.-B.

Paula Doucet, présidente Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B.

Brien Watson, président Syndicat canadien de la fonction publique

Susie Proulx-Daigle, présidente Syndicat du Nouveau-Brunswick