Des dirigeantes et dirigeants syndicaux européens et canadiens s’unissent pour défendre les droits des travailleuses et travailleurs
Déclaration de la Confédération européenne des syndicats (CES) et du Congrès du travail du Canada (CTC) préalable au Sommet UE-Canada
MONTRÉAL – La Confédération européenne des syndicats (CES) et le Congrès du travail du Canada (CTC), qui représentent un total combiné de près de 50 millions de travailleuses et travailleurs, sont favorables à un partenariat plus étroit et plus approfondi entre l’Union européenne et le Canada. En des temps de menaces par les droits de douane, d’instabilité géopolitique et de pressions sur les institutions démocratiques, la coopération entre deux partenaires démocratiques peut être une source de stabilité, d’emplois de qualité et de prospérité partagée.
Les domaines faisant l’objet des discussions, qui varient de la défense et de l’approvisionnement industriel aux minéraux critiques, à l’énergie, aux technologies propres, au numérique, à l’Arctique et à la mobilité, vont bien plus loin que ce que prévoit l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) en vigueur. Les personnes travaillant dans tous ces secteurs ont un intérêt direct dans les résultats, et leurs syndicats doivent participer pleinement à l’établissement des bases du nouveau partenariat. Le mouvement syndical ne peut pas être mis en marge des discussions.
Les bons emplois doivent être la condition de tout traitement préférentiel, y compris le traitement des marchandises faites en Europe et la participation aux instruments communs d’approvisionnement et de garantie. Cela exige le plein respect des principes et droits fondamentaux au travail, y compris la liberté d’association, la négociation collective et le droit de grève, dont la Cour internationale de Justice a confirmé la protection en vertu de la Convention no 87 de l’OIT. La restriction du droit de grève est une ligne à ne pas franchir. Nous dénonçons tout recul des droits des travailleuses et travailleurs en tant que mauvais moyen de maintenir la compétitivité.
Au Canada, l’invocation de l’article 107 du Code du travail, l’examen de celui-ci qui se poursuit et les récentes recommandations du Sénat visant à restreindre davantage les grèves dans le secteur du transport risquent d’établir la tendance, et nous revendiquons la révocation de cet article. En UE, la déréglementation présentée en tant que simplification ne doit pas, elle non plus, réduire les droits des travailleuses et travailleurs. L’AECG comprend déjà un engagement des deux parties à ne pas affaiblir les protections du travail pour encourager le commerce ou l’investissement.
Aucun partenariat approfondi ne doit opposer les travailleuses et travailleurs entre eux ni constituer un moyen détourné d’approvisionnement international et de réduction de la capacité et des emplois industriels d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique.
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La coopération profonde doit reposer sur des droits des travailleuses et travailleurs et des conditions de travail mis sur un pied d’égalité. Cela exige des dispositions exécutoires sur le travail dans tous les nouveaux domaines de coopération, y compris des normes élevées de santé et de sécurité et une stratégie applicable à la main-d’œuvre dans les nouvelles industries à faibles émissions de carbone, des garanties de transition juste relatives aux matières premières et à l’énergie et un rôle renforcé des syndicats et des groupes consultatifs internes dans la surveillance de la mise en œuvre.
Dans un même ordre d’idées, nous rejetons tout recul démocratique. Dans le monde entier, les institutions démocratiques, la primauté du droit et les espaces civiques subissent des pressions grandissantes imposées par des gouvernements autoritaires, la montée de l’extrême droite et la concentration du pouvoir économique et technologique entre les mains d’une poignée de personnes.
Les syndicats sont souvent la première cible : les syndicalistes se font harceler, emprisonner et même tuer pour avoir défendu les droits des travailleuses et travailleurs. Dans ce contexte, l’UE et le Canada doivent s’unir pour défendre la démocratie et les syndicats libres et indépendants dans le monde entier, et employer leur commerce, leur coopération et leurs politiques extérieures à cette fin. Les décisions sur le nouveau cadre doivent être transparentes, assujetties à un examen démocratique et prises avec une participation valable des partenaires sociaux et de la société civile.
La CES et le CTC continueront à travailler ensemble pour s’assurer que la coopération entre l’UE et le Canada favorise les travailleuses et travailleurs des deux côtés de l’Atlantique. Nous incitons les dirigeantes et dirigeants de l’UE et du Canada à mettre les droits des travailleuses et travailleurs et la démocratie au cœur des résultats du Sommet de Montréal.
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